Emerging Selection 2010: Swiss artist Katharina SCHARER

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Born in Switzerland
Lives and Works in Barjols, France

Her website: https://www.scharer.info/

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Katharina SCHÄRER : “un éblouissement fusionnel”

Katharina SCHÄRER  est une jeune artiste Suisse qui a décidé d’utiliser l’acception la plus stricte de la peinture : “Peinture = Matière colorante”, en explorant les voies étroites et radicales de la seule trace laissée par celle-ci.

” – Je fais de la peinture sans peindre,nous dit-elle, hors des outils traditionnels comme le pinceau et la toile.”. Voyons comment :

Katharina Schärer : “J’utilise des plaques alvéolaire polycarbonate industriel dans lesquelles je laisse couler les couleurs sur chaque face intérieure.
Un recto verso  pour créer un jeu de rythme entre couleurs chaudes et froides, claires et sombres, ou encore entre l’opacité et la transparence.

De ces coulées, de ces trajectoires, naissent des structures que l’on pourrait qualifier de paysages graphiques qui dans leur perspective jouent avec la lumière et l’espace, entre l’aplat et la profondeur.

Sous son aspect aléatoire, c’est un geste maitrisé qui concoure à organiser à chaque instant le corps de la matière, la juxtaposition de la couleur pour créer, in fine, une structure cohérente. (…..)

Cette démarche est dans la continuité de mon travail qui s’est toujours inscrit dans un processus d’expérimentation de la couleur au travers de supports de récupération, de différentes matières, ou de détournement de matériaux. (…..) Néanmoins le geste reste précis dans sa détermination et dans sa finalité.

Questionner notre perception et nos sensations, et questionner notre monde d’aujourd’hui au travers de nos trajectoires individuelles et collectives, fragmentées et incertaines. De ces divergences naissent une unité du sensible et une nécessaire cohabitation” KS

Katharina Schärer s’inscrit dans la lignée des grands chercheurs comme l’étaient les Vénitiens du Tre Cento, ou l’excellent américain Jackson Pollock et son dripping, ou plus récemment celles de son prestigieux contemporain, le peintre français Claude Viallat, qui s’est libéré de la contrainte du support et du sujet pour ne plus se consacrer qu’aux multiples et infinies combinaisons des couleurs. Un autre artiste suisse et “talent de be-Art”, Nicolas Beaud, utilise aussi exclusivement la couleur, comme sujet et moyen sur sa toile, en la superposant pour obtenir des gris qui ont tous une intensité et une vibration différentes.

Ici, Katharina Schärer procède dans un même geste à deux propositions contradictoires : elle contient la couleur, l’enferme, et pourtant la lâche dans des structures. Il en découle un merveilleux “éblouissement fusionnel” pour reprendre les mots de Gérard Larnac. Les couleurs éclatent dans une sorte de cheminement autonome, comme un soliste dans une symphonie. Chaque couleur joue sa partition jusqu’à perturber la rétine si l’on en suit trop longtemps la trajectoire.

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Dommage que Katharina n’ait pas rencontré le compositeur Olivier Messiaen qui disait dans son Dictionnaire de la Musique, (Paris, Bordas 1992) ” Messiaen croit fermement à la correspondance son et couleur et voit intérieurement de merveilleuses sinuosités colorées lorsqu’il lit ou entend de la musique (…)”
Ils auraient eu tant à se dire….

Beatrice Chassepot
Los Angeles, le 6 septembre 2010
(propos de Katharina Schärer receuillis le 1er mars 2010)

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